Rééducation périnéale : ce que toutes les femmes devraient savoir (et qu’on ne leur dit pas toujours)

En Suisse romande comme ailleurs, la rééducation périnéale reste un sujet dont on parle peu… Ou mal. Pourtant, les troubles du plancher pelvien touchent des millions de femmes, à tous les âges et dans des situations de vie très variées. Fuites urinaires, douleurs pelviennes, prolapsus, difficultés lors des rapports sexuels : ces symptômes ne sont pas une fatalité, et ils ne sont pas réservés aux femmes après 50 ans.

Voici ce que vous méritez de savoir.

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Le périnée, c'est quoi exactement ?

Le périnée désigne l’ensemble des muscles et des ligaments qui forment le plancher du bassin. Imaginez un hamac musculaire tendu entre le pubis à l’avant, le coccyx à l’arrière et les ischions sur les côtés. Ce hamac soutient la vessie, l’utérus et le rectum, participe à la continence urinaire et anale, joue un rôle dans la sexualité et s’adapte en permanence aux variations de pression abdominale (lors d’un éternuement, d’une toux, d’un effort physique).

Quand ce plancher est trop faible, trop tendu ou mal coordonné, des troubles apparaissent, parfois discrets au début, parfois invalidants.

Qui est concernée ?

Beaucoup plus de femmes qu’on ne le pense. Les situations les plus fréquentes qui fragilisent le périnée sont :

La grossesse et l’accouchement. Le poids du bébé pendant neuf mois, l’accouchement par voie basse, les épisiotomies ou les déchirures : autant de facteurs qui peuvent altérer la tonicité et la coordination du plancher pelvien. La rééducation périnéale post-natale est remboursée par la LAMal sur prescription médicale. C’est une étape incontournable, pas optionnelle.

La ménopause. La baisse des œstrogènes entraîne une perte de tonicité des tissus pelviens et une sécheresse vaginale qui fragilisent le périnée. Les fuites urinaires et le prolapsus sont particulièrement fréquents à cette période.

Le sport intensif. Les sports à impacts répétés (course à pied, CrossFit, sports collectifs) soumettent le plancher pelvien à des pressions importantes. Sans une musculature périnéale suffisamment tonique et bien coordonnée, des fuites urinaires à l’effort peuvent apparaître y compris chez des femmes jeunes et sportives.

Les chirurgies gynécologiques. Une hystérectomie, une cure de prolapsus ou toute autre intervention dans la région pelvienne nécessite souvent une rééducation spécialisée avant et/ou après l’opération.

Ce que la rééducation périnéale n'est pas

Il existe beaucoup d’idées reçues. Voici les plus tenaces :

« La rééducation périnéale, c’est juste contracter et relâcher. » Faux. Les exercices de Kegel (contractions périnéales) peuvent être contre-productifs si le périnée est déjà trop tendu ce qui est le cas chez de nombreuses femmes souffrant de douleurs pelviennes ou de vaginisme. Une bonne rééducation périnéale commence par une évaluation précise de votre tonus musculaire : parfois, il faut apprendre à relâcher avant d’apprendre à contracter.

« C’est réservé aux femmes après l’accouchement. » Faux. La périnéologie concerne toutes les femmes, à tous les âges y compris avant la maternité, à la ménopause, ou sans lien avec une grossesse.

« Les fuites urinaires, c’est normal avec l’âge ou après un accouchement. » Faux. Ces symptômes sont fréquents, mais pas normaux ni inévitables. Ils sont dans la grande majorité des cas traitables efficacement.

Comment se déroule une séance chez ACRPhysio ?

Chez ACRPhysio à Chêne-Bourg, la rééducation périnéale est assurée par Amélie Weltzer et Marie-Pierre Mancheron, spécialisées depuis plus de 10 ans en pelvi-périnéologie. La première séance commence toujours par un entretien approfondi et un bilan fonctionnel complet, dans un cadre confidentiel et respectueux.

Les techniques utilisées peuvent inclure des mobilisations manuelles douces, le biofeedback (qui permet de visualiser et d’apprendre à coordonner les contractions périnéales), l’électrostimulation et l’échographie périnéale pour guider le traitement avec précision. Votre consentement est demandé à chaque étape. Rien n’est jamais imposé.

En complément, des cours collectifs sont proposés : préparation à la naissance, gym prénatale, reprise du sport après accouchement. Ces moments partagés entre femmes, animés par nos spécialistes, sont souvent aussi bénéfiques sur le plan humain que sur le plan thérapeutique.

Le message essentiel

Si vous avez des fuites urinaires, des douleurs pelviennes, des difficultés lors des rapports ou simplement envie de prendre soin de vous après une grossesse ou à la ménopause : parlez-en à votre médecin pour obtenir une prescription, et consultez une physiothérapeute spécialisée en périnéologie. Ce n’est pas anodin, ce n’est pas honteux. C’est de la santé.

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